Un consortium européen va surveiller l'impact de l'exploitation minière en eaux profondes dans le Pacifique

Par TPN/Lusa, in Actualités, Monde, Europe, Amériques, Renature, Santé et environnement · 11-04-2021 16:00:00 · 0 Commentaires

Des scientifiques du projet "MiningImpact" du JPI Oceans vont se lancer dans une expédition de six semaines dans la zone de fracture de Clarion-Clipperton, dans le Pacifique, à des profondeurs de plus de 4 000 mètres, dans le cadre d'un consortium européen qui comprend cinq institutions portugaises.

La mission océanographique qui se déroule à 1 500 kilomètres des côtes mexicaines a pour but d'étudier et de surveiller les impacts environnementaux de l'exploitation des nodules polymétalliques en haute mer à l'aide d'un véhicule pré-prototype de collecte de minerai.

"L'intention du projet est d'évaluer l'impact du véhicule d'extraction de nodules sur les organismes marins et de fournir à l'autorité internationale la base scientifique pour légiférer sur l'exploration minière des fonds marins" a révélé à Lusa un chercheur du Centre de recherche marine et environnementale (CIMA) de l'Université d'Algarve.

Nélia Mestre a précisé que les restrictions sur les voyages internationaux dues à la pandémie de Covid-19 ont empêché les chercheurs portugais "d'être à bord du navire" Island Pride qui devrait quitter le port de San Diego, en Californie, "cette semaine" avec à son bord deux véhicules télécommandés (ROV) et un véhicule sous-marin autonome (AUV).

La vingtaine de chercheurs portugais devront attendre quelques semaines les échantillons de "coraux, ophiuridés, éponges, plancton et amphipodes" collectés par leurs collègues allemands, néerlandais et belges, avant de pouvoir commencer leurs travaux, a-t-il précisé.

"Ils étudieront les zones avec et sans l'impact du robot collecteur de nodules, collecteront les échantillons sur différents sites et nous évaluerons l'impact du nuage de sédiments en termes d'écotoxicité, de physiologie et de biodiversité", a-t-il révélé.

Les nodules sont des amas de métal "en surface" au fond de l'océan, formés par "la précipitation des métaux" et qui se rassemblent "sur des milliers d'années".

Ces structures sont très intéressantes pour l'industrie en raison de leur composition en "manganèse, nickel, cuivre et cobalt". Elles sont retirées par un robot qui les "aspire à la surface" et c'est précisément l'impact de cette extraction que les chercheurs entendent étudier.

"Comme les sédiments sont très fins, le simple mouvement de l'appareil sur le fond soulève un nuage dans la colonne d'eau, sans connaître sa dimension réelle, où il va se déplacer et quel sera son effet sur les organismes", a-t-il précisé.

La zone où l'étude sera réalisée est "toute en concession pour l'exploration", qui n'a pas encore commencé car il n'y a pas de "machines spécialisées" pour le faire.

Il s'agit d'une enquête indépendante mais réalisée en partenariat avec la société qui développe le robot d'extraction dans le but d'améliorer le prototype existant et "d'introduire des corrections pour minimiser les impacts qui pourraient être détectés".

Les impacts d'une étude réalisée dans les années 80 avec une extraction au chalut ont révélé que quatre décennies plus tard, "il n'y a pas eu de récupération de l'habitat", et les "marques de l'enlèvement des nodules" sont encore visibles.

Le CIMA-Université d'Algarve, l'Institut portugais de la mer et de l'atmosphère (IPMA), l'IMAR-Université des Açores, le CESAM-Université d'Aveiro et le Ciimar-Université de Porto, sont les cinq institutions portugaises impliquées dans le projet, qui comprend également des entités d'Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, de Norvège, de France, d'Italie, du Royaume-Uni et de Pologne.



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