Dans un communiqué, la FEDRA explique la nécessité d’utiliser les ressources publiques existantes « pour fournir des soins préventifs aux animaux des associations, des familles en situation de précarité et de la population en général ».

« Aujourd’hui, le système n’intervient généralement qu’une fois l’abandon constaté. L’animal est alors accueilli dans un centre d’accueil (CRO) où il bénéficie d’une identification, de vaccinations, d’un traitement vermifuge, d’une stérilisation et de soins vétérinaires. Mais avant cela, lorsqu’il vit encore au sein d’une famille sans ressources ou qu’il est pris en charge par une association sans moyens financiers, la réponse publique est inégale, limitée, voire inexistante », selon Rodrigo Livreiro, président de la FEDRA.

Des mesures contradictoires

Cet organisme estime qu’il est contradictoire que l’État et les municipalités disposent des moyens de recueillir, d’héberger et de soigner les animaux après leur arrivée dans un CRO (Centre de Récupération des Animaux), mais qu’il n’existe pas de « cadre national suffisamment clair et uniforme » permettant d’appliquer ces mêmes mesures à titre préventif aux animaux appartenant à des familles à faibles revenus, à des associations de protection des animaux légalement constituées, à des gardiens de colonies ou aux citoyens en général.

Pour la FEDRA, l’abandon ne commence pas lorsqu’un animal est déposé à la porte d’une association ou recueilli sur la voie publique, mais plutôt lorsque la stérilisation est retardée par manque de ressources ou lorsque la vaccination et le vermifuge ne sont plus assurés.

« La question est simple : pourquoi l’État n’assure-t-il certaines mesures essentielles qu’après que l’animal a perdu sa famille, a été abandonné ou est entré dans une structure publique ? Est-il plus coûteux, plus injuste et moins efficace d’attendre que le problème survienne plutôt que de le prévenir ? », demande Rodrigo Livreiro.

Reconnaissance des actes vétérinaires

Ainsi, la FEDRA fait valoir que la législation devrait « reconnaître expressément comme actes vétérinaires préventifs d’intérêt public » l’identification électronique, la vaccination, le vermifuge, la stérilisation, la consultation clinique préventive initiale et les examens de base strictement nécessaires à la réalisation en toute sécurité de ces actes.

La Fédération souligne que la proposition « ne concerne pas les traitements complexes, les hospitalisations, les interventions chirurgicales d’urgence ni la médecine vétérinaire spécialisée ».

« Il est essentiel de distinguer la prévention du traitement. Nous ne préconisons pas que les communes se substituent aux cliniques et hôpitaux privés, ni qu’elles prennent en charge l’intégralité des coûts liés à la maladie ou aux accidents. Nous préconisons qu’elles disposent d’une compétence juridique claire pour garantir les actes minimaux permettant de prévenir l’abandon, la reproduction incontrôlée, les risques sanitaires et la surcharge des Conseils régionaux de médecine vétérinaire eux-mêmes », explique le président de la FEDRA.

L’institution estime également que les vétérinaires municipaux devraient être reconnus comme des professionnels essentiels dans la prévention de l’abandon et la promotion de la santé vétérinaire publique, soulignant que leur rôle « ne peut se limiter à la gestion des animaux déjà recueillis, à l’inspection ou à la réponse aux situations de maltraitance et aux urgences ».

En outre, la FEDRA fait valoir que les procédures de médecine vétérinaire préventive devraient être assurées dans des centres de ramassage (CRO) disposant de conditions techniques, humaines et matérielles adéquates, sous la responsabilité des vétérinaires municipaux.

« Il est contradictoire de renforcer les centres de ramassage officiels pour répondre à l’abandon des animaux et, dans le même temps, de limiter l’utilisation de leurs capacités techniques et humaines dans la prévention de ce même abandon », souligne Rodrigo Livreiro.

La FEDRA estime que les CRO devraient « évoluer progressivement pour passer de structures axées sur la collecte et l’hébergement à des centres municipaux dédiés à la prévention, à la santé et au bien-être animal ».

Évolution législative

Par conséquent, l’organisme estime qu’une modification législative peut être obtenue par le biais d’une révision du régime applicable aux animaux de compagnie, aux centres officiels de collecte et aux compétences municipales en matière de bien-être animal.

La fédération souligne que ce modèle ne constitue pas une concurrence déloyale vis-à-vis de la médecine vétérinaire privée, mais vise plutôt à « garantir une réponse publique préventive » dans des domaines d’intérêt collectif, notamment lorsque la vulnérabilité économique, le risque d’abandon ou la surpopulation animale sont en jeu.

La FEDRA est une organisation à but non lucratif, récemment fondée par les associations NIRA (Centre d’intervention et de sauvetage des animaux), la Ligue portugaise pour les droits des animaux, l’Association pour les animaux de la rue (stérilisation et protection des animaux en danger), Animalife - Association pour la sensibilisation et le soutien social et environnemental, et la Société de protection des animaux, dans le but de promouvoir le bien-être, la protection, la défense et le sauvetage des animaux en danger.