À 13 ans, la plupart des enfants pensent aux vacances scolaires ou aux projets de week-end. Benton Schroeder se prépare à parcourir 300 kilomètres à vélo, de Lisbonne à l'Algarve.

Cette randonnée, qui aura lieu début mai, s'inscrit dans le cadre d'une campagne de sensibilisation à un phénomène rarement observé mais de plus en plus menacé : le fond des océans.

M. Benton pédale en faveur de la culture d'algues, un secteur en pleine expansion de la restauration marine que les scientifiques et les groupes de défense de l'environnement commencent à prendre plus au sérieux. Son objectif est de collecter 10 000 euros pour Hope Zones, un projet fondé par João Macedo qui a créé la première ferme d'algues marines régénératrices du Portugal à Nazaré. Les fonds serviront à développer une nouvelle ferme en Algarve.

Le problème sur lequel il attire l'attention est celui du chalutage de fond, une méthode de pêche qui consiste à traîner de lourds filets sur les fonds marins. Bien qu'elle reste légale dans de nombreuses zones, dont certaines sont techniquement protégées, elle est largement critiquée pour les dommages qu'elle cause. Elle peut en effet détruire des écosystèmes entiers et des habitats qui ont mis des décennies, voire des siècles, à se former. Il perturbe également le carbone stocké dans les fonds marins, le libérant dans l'eau et dans l'atmosphère.

La culture des algues marines offre une approche différente. Contrairement à de nombreuses formes d'aquaculture, elle ne nécessite pas d'aliments, d'engrais ou d'eau douce. Elles se développent en absorbant les nutriments déjà présents dans l'océan. Les recherches suggèrent que les algues peuvent absorber le carbone à un rythme plus rapide que de nombreuses plantes terrestres, tout en créant un abri pour la vie marine et en contribuant à stabiliser les environnements dégradés.

Pour M. Benton, le lien avec l'océan est personnel. Vivant aujourd'hui près de la Ria Formosa, il a grandi autour des écosystèmes côtiers. Il a passé du temps en Floride à aider à relâcher des tortues réhabilitées, et dans le Maine à apprendre des pêcheurs d'huîtres et des pêcheurs de homards. La protection de l'environnement, dans son cas, n'est pas abstraite. C'est quelque chose qu'il a vu de près.

Sa course fait partie de l'initiative "Hero Kids" de One Ocean Planet, qui soutient les jeunes qui relèvent des défis environnementaux. Le projet a également été reconnu dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour les sciences de la mer au service du développement durable, ce qui l'inscrit dans un effort mondial plus large visant à repenser la manière dont les océans sont protégés et restaurés.

M. Benton devrait arriver à Praia do Ancão le 10 mai, où les supporters sont invités à le rejoindre à l'arrivée. Les fonds collectés seront reversés début juin.

Il y a quelque chose de discrètement efficace dans l'ampleur de cette action. Un seul cycliste, couvrant une longue distance, attire l'attention sur quelque chose que la plupart des gens ne voient jamais. Le fond de l'océan est hors de vue, mais son état façonne bien plus de choses que nous ne le pensons.

Si ce type de travail se poursuit, la restauration pourrait ne pas être une idée lointaine. Elle pourrait devenir quelque chose de plus visible et de plus immédiat.

Soutenez la collecte de fonds de Benton ici :https://www.justgiving.com/crowdfunding/oneocean-planetcycle2save?utm_medium=CF&utm_source=CL